Suite du poste précédent où je parlais SSH ici on va parler plus proxy et ce qui tombe à point nommé quand on lit quelques posts de ci, de là, de là bas et d’ailleurs encore. Le soucis c’est que je vais tenter d’informer un peu ces GU (gentils utilisateurs ou usagers). Je vais tenter de ranger un temps les termes techniques même si ça ne va peut être pas durer. D’ailleurs pour les infos plus techniques elles viendront… bientôt.
Bon d’abord qu’est-ce que c’est que ce proxy à la con dont ils parlent. Un proxy dans le contexte des flux web dans une entreprise c’est une boiboite qui filtre ce qui passe. Elle a plusieurs fonctions et entre même dans le classique des mesures de sécurité pour protéger ce cher GU de lui même.
Que ce soit clair j’emploie GU ici avec tout le mépris possible. C’est celui dont on parle tout le temps et qui ne se sent jamais visé. C’est lui le crétin qui va sur astalavista.box.sk pour en revenir avec trent-six trojans ou bien sur le premier lien reçu dans sa boîte perso pour downloader cet utilitaire… ludique certe mais bon counter c’est pas la mort à la pause déjeuner et puis il l’a trouvé en téléchargement gratuit sur un site russe ! Que le premier qui dise que ce crétin n’existe pas se prenne un toucher rectal à la bate de base ball car ils sont légion et en plus ils se relaient.
Bon je m’enflamme un peu sans doute mais vous comprendrez maintenant qu’il faut protéger les GUs de l’entreprise. C’est la vertue première du proxy : ca n’est pas l’utilisateur qui va sur internet avec son navigateur mais le proxy qui surfe à sa place et prend tout les risques. Chaque téléchargement soigneusement réalisé et passer à la moulinette antivirus (si les k€ ont été débloqués).
L’autre grande fonctionnalité du proxy est de rentabiliser le lien Internet. Quand 300 personnes vont sur google toutes les demie-heure, on ne va pas télécharger l’image à chaque fois. Le proxy fait alors un rôle de cache (en anglais, de tampon en français). Quand 5 personnes aiment écouter Europe1 (j’ai vu) dans la société et bien non, on ne va pas télécharger Europe1 cinq fois mais une seule et le flux sera splité par le proxy. Qu’on ne me dise pas qu’il suffit d’augmenter la taille de la liaison Internet pour y arriver.
Car ce tuyau coûte cher ! On factorise donc au maximum les téléchargements mais ça ne fait pas tout et le payeur veut savoir ce qu’on y fait. Allez dire à un cheffaillon qu’il est plus sage pour lui d’apprendre le management plutôt que d’interdire la catégorie ‘jeux’ dans le proxy… Allez justifier le fait que facebook réalise 20% (je ne plaisante pas) des downloads mensuelles d’une entreprise de recherche pétrolière… Au lieu d’interdire site par site le traffic on paie pour ça une catégorisation d’URLs. Et ça se finit par : « Fillez-moi cette liste qu’on ne laisse que ce qui est utile ». Voilà comment on se retrouve avec les meetic, fessebook, myspaces à la trape.
Un soucis est que les fournisseurs de catégories d’URLs sont rarement français, parfois européens et souvent américains. La liste des catégories disponibles est étoffées en général et malgré la granularité, on se retrouve avec des classements parfois surprenant comme des blogs qui passent dans la catégorie ‘X’ et des sites fréquentables dans la catégorie ‘douteuse’. La différence de culture n’aide pas.
Mais voilà. On a commencé à scruter se qui passe sur cette connexion et les moyens de contrôle sont nombreux. Ainsi il faut savoir que si on s’identifie sous windows, chaque log du proxy peut contenir l’identifiant su surfeur. Réaliser un top ten des employers qui téléchargent le plus est un jeu d’enfant. Et de là à pointer les plus gladeurs il n’y a qu’un pas. En plus il n’ a pas que le HTTP qui soit scrutable, par exemple les proxy IM ou mail existent aussi et peuvent logger. Heureusement la CNIL veille et chaque utilisateur doit être au courant de la présence d’un proxy filtrant.
Au final on se retrouve avec un contrôle presque total sur le surfs des employés. Il ne reste qu’à bien réfléchir sur qu’autoriser et à qui. Bien sûr il est facile d’être trop répressif. Mais pour tout soucis de catégorisation veuillez vous rapprocher du chefaillons et du crétin précédemment cités.
NB : Je ne parle pas du cas de Matou qui est tombé sur un bug préhistorique. La corruption du cache d’un proxy est une attaque digne des 90′s. Oui j’ai bien dit attaque car consulter les mails des commerciaux ou du patron c’est pas cool.
NB : Dans certains cas les catégories sont mises à jour toutes les heures pour suivre les sites de malwares ou des contournement de proxy, justement.

