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Lundi matin, Le Monde écrit pour DirectMatin en page 10 un article dont le titre est « le hacker de la Générale ». Je cite donc un joli morceau :

Le suspect, s’il était un trader encore débutant, semble en revanche un informaticien hors pair, soulignent les enquêteurs, un profil proche de ces hackers capables de s’introduire frauduleusement dans les systèmes informatiques ses mieux protégés.

voilà un joli condensé de n’importe quoi ! Heureusement que ces journalistes savent de quoi ils parlent. En les écoutant on a l’impression que certains individus choisis au hasard n’auront besoin que de peu de temps pour passer du stade jeune trader trentenaire débutant au stade du technomancien ou d’un X-men !

Voici donc en exclusivité comment repérer qu’un journaliste, qui parle de la chose informatique, ne maitrise rien :

  • Le mot hacker : en effet un journaliste généraliste est incapable de faire la différence entre hacker, pirate et amateur. Un hacker est donc forcément méchant. Tout comme un savant au temps de l’inquisition.
  • L’informatique est une science occulte qui n’est maitrisée que par des autistes, des génies ou des boutonneux (voir les trois). Ces X-men ont un pouvoir assimilable au passe-muraille pour reprendre l’image qu’ils adorent (ou Shadowcat pour ceux qui arrivent à suivre mon histoire de X-men)

Ce qui me rassure c’est que je ne suis pas le seul à me poser des questions, cf Embruns.

Qu’il est bon de redécouvrir la niaiserie dont peuvent faire preuvent tous ces journaleux journalistes personnes aux commandes de nos chers medias. Mais putain c’est facile ! Pas une seule personne qui dépenserait en campagne d’affichage, en spot de pub sur internet ou en blog !

Ne me dite pas que ces journalistes ses sont juste trouvés tout charmés par ce je t’aime commercial. Pour éviter de parler de la chaine concurrente ils sont doués mais pour arrêter de colporter une pub ça ils le font volontier.

Peut-on encore avoir confiance dans ces journaleux qui ne font pas la différence entre une pub et un fait attendrissant ?

Mais lâchez moi avec vos invitations facebook ! Les personnes avec qui je ne garde pas contact c’est que je ne veux plus les voir ! Le boutonneux que j’étais a gardé le meilleur de ces années et ne veut pas retrouver les gros lourdos qui caractérisent cette époque de sa vie !

Et encore moins les retrouver à côté du collègue de travail qui est justement un collègue de travail ! Que le personnel et le professionnel restent à leurs places hein. Je n’ai jamais dit à ce crétin congénital que je n’en avais rien à faire de ses gosses, de sa femme, de son chien, de son barbecue, de son emprunt, de sa voiture, de son téléphone. Ca n’est pas pour qu’il me parle sur mon temps perso et qu’il échange des bons mots à mon sujet avec ce crétin du lycée juste bon à faire la sangsue en contrôle !

Par défaut tout le monde peut savoir qui est sur facebook, les niveaux de confidentialités sont trop permissifs, une fois la main sur le compte mail les invitations sont envoyées à tout le monde sans demande de confirmation, les informations personnels sont revendues aux publicitaires, les ‘applications‘ qui sont particulièrement intéressantes et dépendent d’un langage propriétaire, … Et puis par le passé, facebook n’a pas été super clean.

Bref, depuis le temps qu’on rabache qu’il faut apprendre aux enfants à se méfier d’Internet, les adultes foncent tête baissée à la première occasion de faire le mouton buzz venu !

7h45 sur le quai de la ligne B. Denfert. Un peu frais. Pas mal de personnes. Sans doute ont-elles pris l’habitude des ‘répliques’ de la grève de la semaine dernière pour être aussi nombreuses si tôt. D’habitude l’heure de pointe ne commence pas avant 8H.

La rame arrive. Blindée. C’est dans ces instants qu’il faut abandonner toute sociabilité et laisser de côté les principes qui ont permis de bâtir la société humaine. Chacun pour soit. Sun Tzu a dit qu’il n’y a pas de guerre si elle n’est pas totale. Et bien soit.

Il faut rester inamovible prêt de la porte. Certains essaient de pousser pour se rapprocher mais non. C’est un piège. Car si on est pris dans le flux des passagers sortant rien ne pourra nous ramener. Il faut être sans pitié. Même pour ces personnes qui descendent pour faire un passage à ceux qui s’arrêtent à cette station. Qu’ils aillent loin, plus loin. S’ils ne remontent pas tant pis. Moi j’aurais eu ma place. D’autant plus que les autres poussent pour monter. Ils poussent et tirent. Toute prise est bonne. Même si la prise est une autre personne qui retombe sur le quai. Elle aura perdu et on feindra de l’ignorer au moment où la porte de la rame se fermera.

Vient alors le trajet. Corps à corps. Sueurs et haleines se marient dans cette ambiance chaude et humide propice aux cultures bactériologiques. Devinons. Nous avons un amateur d’eucalyptus, sans doute un fan des suppositoires vu sa tête. Nous avons également un amateur maroual à moins que ça ne soit la fermentation avancée de ses chicos qui m’empli les narines. Dommage qu’il soit à moins de vingt centimètres. Penser à prendre des cours d’apnée. On entend des râlements plus loin. Il semblerait qu’une vieille veuille utiliser le strapontin. Il n’y a pas à dire il y en a qui savent conserver leur humour. Et au fond nous avons Steph qui est « vraimment un salaud-de-sa-rase-de-fils-de » d’avoir plaqué Cynthia qu’elle est « trop belle, trop kiffante, trop staïlée non mais attends je suis dans le métro ça va couper quoi qu’est ce que tu veux ma photo ouais j’te phone a+ tchüss ciao bye ».

La rame ralenti. « Pardon pardon je descends – Non attendez j’ai pas de place – Mais je descends faites un effort ». Pardon grognasse tu bougeras tes miches une fois que ces putain de portes se seront ouvertes. En attendant tu surveilles ta tension et ta claustrophobie. La grosse tente une percée mais fini par réaliser que non, ça ne va pas être possible, le train s’est arrêté avant la station. L’ironie veut qu’elle entre dans la sphère au maroual. Chose étrange elle ne semble éprouver aucune gêne. Les effluves d’une surcharge de parfum des années vingt me chatouillent les narines. Voilà comment elle tient ! En tout cas mon éternuement, lui, ne tient pas et je viens faire mon don aux cultures microbiennes de la rame ; cultures temporairement hébergées sur sa simili fourrure de phoque.

Ca y est le crissement des freins se fait entendre. Chacun en profite pour se laisser tomber sur son voisin. Sauf un. En toute bonté il s’accroche à un élément du décor en hauteur. J’ai deux dixièmes de seconde de compassion pour la grognasse qui déguste les émanations de ses aisselles. Elle reste digne la bourgeoise. Elle comprend enfin ce que chacun endure à son approche.

Voilà les portes libératrices qui s’ouvrent. Le fossile enfonce le passage et manque de marcher les pieds de la femme enceinte qui n’a pas cherché à s’assoir, elle. C’est limite si elle ne lui reprocherait pas son ventre alors que sa bedaine n’a rien à lui envier.

Voilà ma station. Châtelet. On me pousse pour descendre. On m’empêche d’avancer car un salary-man est perdu. Le pauvre. Je traverse le quai… et on remet ça direction la Défence.