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Avec Hadopi, nos chers politiques hyper compétents (en un mot) veulent considérer que l’adresse IP suffit à connaître la machine responsable de l’odieux téléchargement. Bien évidemment ça n’est qu’une farce qui ferait bien rire si ces crétins ne s’étaient essuyés les pieds sur la présomption d’innocence. Maintenant ma grand mère est responsable juridiquement de la sécurisation de son wifi et de ce wanadoo qui est encore configuré en WEP sans filtrage de MAC.

Par contre certaines choses risquent de changer avec IPv6. IPv6 est le nouveau protocole qui remplace IP (qui est en fait IPv4) doucement mais sûrement (si si, il va remplacer). Il ne change pas grand chose, il est juste l’occasion de corriger les imperfections d’IPv4. Parmi ces changements il y a l’augmentation du nombre d’IP possibles. Oui on est clairement à l’étroit, le NAT n’est qu’un contournement). Il y a d’autres choses comme le chiffrement, l’authentification et le contrôle d’intégrité ou encore la prise en compte du zéro conf.

C’est dans le zéro conf que réside mon souci. De nos jours, en IPv4, le zéro conf c’est quand on monte un réseau à l’arrache et qu’il faut que ça marche. Les PC piochent eux-mêmes dans la zone 169.254.0.0/16 et font coucou à tout le monde en espérant que les autres PC aient fait de même. Bon c’est clairement sale mais ça fonctionne. Heureusement chez les particuliers la box ADSL embarque un serveur DHCP qui permet de ne pas avoir à ce servir de tout ça. Mais le zéro conf est bien un fonctionnement nécessaire et donc un moyen plus propre a été mis dans IPv6.

Le zéro conf dans IPv6 est appelé l’autoconfiguration sans état. Un PC est capable de découvrir son réseau et de s’attribuer un IP en vérifiant qu’elle n’est pas utilisée ailleurs. Le souci bien connu est que pour faire ce tirage, il est possible qu’il soit aléatoire mais hélas pas toujours, l’idée qu’on eu certains a été de se basé sur l’adresse MAC de la carte réseau. Pour faire simple, c’est un identifiant unique. Le problème c’est que c’est le comportement par défaut. J’ai lu ici et là que non mais je l’ai bel et bien constaté.

Du coup on se retrouve avec un IP qui contient une partie significative de l’adresse MAC. Ah, il serait donc possible de faire un lien entre l’adresse IP et l’adresse MAC, donc entre l’IP et le PC ? Le rêve d’HADOPI en somme ! Donc si nos chers FAI n’implémentent pas un serveur DHCPv6 dans les box internet et que le paramétrage par défaut reste inchangé, HADOPI pourra se marrer et (enfin) faire son boulot.

Au fait, Free, qui est le seul FAI IPv6 que j’ai pu tester, n’implémente pas de DHCPv6. Le seul moyen donc de rester tranquille est de forcer la génération d’une IP basée sur un nombre aléatoire. sous windows ca serait « ipv6 -p gpu UseTemporaryAddresses yes » [via] et sous linux, un peu plus complexe car il faut aller voir dans /proc/sys/net/ipv6/conf/ [via].

Tout commençait bien. Une belle journée ; de bonnes température ; un avant goût du printemps. Arrivée au boulot tranquille. La bonne humeur est là, on dit même bonjour à des gens qu’on ne connait pas. Bref tout va bien.

Vient alors le boss. Bon il n’a pas l’air d’une lumière quand il mache sa langue trop souvent de temps en temps mais on va dire qu’il a une vision plus large, plus d’expérience. Il doit voir des trucs que nous ne voyons pas. Lui, il est face au Directeur donc il connait les vraies contraintes. Et puis de toute manière c’est une bonne journée alors on lui renvoit son sourire quand il dit bonjour.

Mais voilà quelquechose cloche. Ca n’est pas facile à cerner et la première personne venue se laisserait avoir par cette matiné particulièrement bien commencée. Mais le fait est là : il m’a dit bonjour, Lui qui fait le tour en général de l’équipe en m’ignorant gentiement, moi qui suis prestataire. Moi qui peut être jeté s’il décide que je ne conviens plus. Mais voilà qu’il me dit bonjour. La traduction est facile à faire : il a besoin de moi.

Mais qui est cet abruti, ce crétin congénital que seul l’altruisme de la société dans laquelle il vit lui permet de survivre et de lui donner une illusion d’intégration ? Mais putain quel est ce boulet ! Mais qu’est-ce qu’il me veut pour m’imposer sa présence.

Il se penche ver moi. 100.. 80… 50.. 30… 20cm de mon visage. On traduit : c’est important mais il ne veut pas que ça se sache. Ah non il me fait face et n’essaie pas de me chuchoter à l’oreille. Rectifions : il ne sait vraimment pas comment gérer ce qu’il va me dire mais c’est important pour lui.

Je zappe instinctivement la page blabla : « ..politique d’entreprise..  fonctionne bien.. difficile.. ». Ha ? Ca y est il me regarde. J’en déduis que tout ce qui précède était destiné en fait, de manière indirecte au reste de l’équipe. Maintenant c’est à moi. Déjà 40s d’apnée pour ne pas sentir son haleine ultrabright menthe-fraîche-des-îles. Et là, alors que pourtant je m’attends au pire, la connerie tombe :

Je vous avais déjà demandé la dernière fois d’autoriser les vidéos pour les membres VIP. Pourquoi ce matin, certaines vidéos ne fonctionnent pas ?

Voilà c’est dit. Ce putain de groupe de branleurs qui sert de direction à l’entreprise est en fait là à regarder la vidéo de la compilation vidéo gag du week end mais tous ses potes n’y arrivent pas. C’est dons un problème majeur pour l’entreprise. Je dois donc mettre de côté la mise à jour des antivirus/antispam de l’entreprise de 2000 personnes parce que parmis un groupe de 10 dirigeants, il y en a deux qui n’ont pas pu se dilater la rate.

Comment faire ? Comment lui dire ? Déjà 55s d’apnée. Surtout rester courtois.

Monsieur, je pensais vous avoir envoyé un mail à ce sujet pour vous dire que youtube ne renseignait pas ses pages correctement et que du coup, il était impossible d’autoriser toutes les vidéos de manière automatique. A moins bien sûr de désactiver l’antivirus pour tous les VIP.

Oui tu sais bien. Ce mail que tu ne lis par parce qu’au fond tu ne comprends rien, celui où je te mets par écrit ce que je t’ai déjà expliqué 3 fois, celui qui explique que si un site internet ne fonctionne pas c’est peut être la faute du site et non pas la mienne. Tu te souviens ? C’est parce que je ne te l’ai pas écrit sur un post-it que tu ne l’as pas lu ? Ou plutôt ne serait-ce pas plutôt parce que tu as eu envie de boudé parce que tes ‘potes’ se moquent de toi quand il y a un soucis informatique ? hein ! Aller ! Vas-y ! Un peu de couille que diable ! Prend une décision ! Vite ! Déjà 1mn20 que je n’ai pas pu inspirer !

Dans ce cas enlevez l’anti-virus.

Voilàààà ! Enfin un point positif ! Tu as pris une décision. C’est une connerie monumentale que de faire que tous les dirigeants de l’entreprise aillent sur internet sans antivirus mais au moins c’est bien tu as pris une décision. Haha mais je te vois venir sombre crétin. Tu me le dis de vive voix pour ne pas laisser de traces écrites ?

Par contre pourriez-vous me le préciser par mail pour que je puisse expliquer ce choix pour les autres personnes de l’équipe ?

Alors ? Vas-tu aller jusqu’au bout et mettre ça par écrit plutôt que de te servir de moi comme dijoncteur le jour où le PDG aura un pirate sur son poste avec tous les plans finaciers de l’entreprise ?

Je ne vois pas pourquoi, j’en prends la responsabilité.

Haha voilà qu’il roule des mécaniques devant moi. On sait tous les deux que tu n’assumeras rien et que le petit presta se fera jeter si tu perds la face devant tes ‘potes’ . Manque de peau pour toi tu n’as pas vu la bonne nouvelle qu’il y a derrière toi en cette belle matinée. Hé oui le chef d’équipe est arrivé et attend pour nous saluer. Oui oui oui il a tout entendu.

Quelle belle matinée dans le monde de l’entreprise et des enfants de plus de 50 ans ! Bon c’est pas tout mais j’ai une brèche de sécurité à ouvrir moi.

Stop. Arrêtez ce que vous faites. Demandez-vous quelles sont les données vitales sur votre ordinateur. Les codes, les documents,… . Gravez les sur CD maintenant. Demain il sera trop tard…

Le System Administrator Appreciator Day, raté de peu… dommage.

7h45 sur le quai de la ligne B. Denfert. Un peu frais. Pas mal de personnes. Sans doute ont-elles pris l’habitude des ‘répliques’ de la grève de la semaine dernière pour être aussi nombreuses si tôt. D’habitude l’heure de pointe ne commence pas avant 8H.

La rame arrive. Blindée. C’est dans ces instants qu’il faut abandonner toute sociabilité et laisser de côté les principes qui ont permis de bâtir la société humaine. Chacun pour soit. Sun Tzu a dit qu’il n’y a pas de guerre si elle n’est pas totale. Et bien soit.

Il faut rester inamovible prêt de la porte. Certains essaient de pousser pour se rapprocher mais non. C’est un piège. Car si on est pris dans le flux des passagers sortant rien ne pourra nous ramener. Il faut être sans pitié. Même pour ces personnes qui descendent pour faire un passage à ceux qui s’arrêtent à cette station. Qu’ils aillent loin, plus loin. S’ils ne remontent pas tant pis. Moi j’aurais eu ma place. D’autant plus que les autres poussent pour monter. Ils poussent et tirent. Toute prise est bonne. Même si la prise est une autre personne qui retombe sur le quai. Elle aura perdu et on feindra de l’ignorer au moment où la porte de la rame se fermera.

Vient alors le trajet. Corps à corps. Sueurs et haleines se marient dans cette ambiance chaude et humide propice aux cultures bactériologiques. Devinons. Nous avons un amateur d’eucalyptus, sans doute un fan des suppositoires vu sa tête. Nous avons également un amateur maroual à moins que ça ne soit la fermentation avancée de ses chicos qui m’empli les narines. Dommage qu’il soit à moins de vingt centimètres. Penser à prendre des cours d’apnée. On entend des râlements plus loin. Il semblerait qu’une vieille veuille utiliser le strapontin. Il n’y a pas à dire il y en a qui savent conserver leur humour. Et au fond nous avons Steph qui est « vraimment un salaud-de-sa-rase-de-fils-de » d’avoir plaqué Cynthia qu’elle est « trop belle, trop kiffante, trop staïlée non mais attends je suis dans le métro ça va couper quoi qu’est ce que tu veux ma photo ouais j’te phone a+ tchüss ciao bye ».

La rame ralenti. « Pardon pardon je descends – Non attendez j’ai pas de place – Mais je descends faites un effort ». Pardon grognasse tu bougeras tes miches une fois que ces putain de portes se seront ouvertes. En attendant tu surveilles ta tension et ta claustrophobie. La grosse tente une percée mais fini par réaliser que non, ça ne va pas être possible, le train s’est arrêté avant la station. L’ironie veut qu’elle entre dans la sphère au maroual. Chose étrange elle ne semble éprouver aucune gêne. Les effluves d’une surcharge de parfum des années vingt me chatouillent les narines. Voilà comment elle tient ! En tout cas mon éternuement, lui, ne tient pas et je viens faire mon don aux cultures microbiennes de la rame ; cultures temporairement hébergées sur sa simili fourrure de phoque.

Ca y est le crissement des freins se fait entendre. Chacun en profite pour se laisser tomber sur son voisin. Sauf un. En toute bonté il s’accroche à un élément du décor en hauteur. J’ai deux dixièmes de seconde de compassion pour la grognasse qui déguste les émanations de ses aisselles. Elle reste digne la bourgeoise. Elle comprend enfin ce que chacun endure à son approche.

Voilà les portes libératrices qui s’ouvrent. Le fossile enfonce le passage et manque de marcher les pieds de la femme enceinte qui n’a pas cherché à s’assoir, elle. C’est limite si elle ne lui reprocherait pas son ventre alors que sa bedaine n’a rien à lui envier.

Voilà ma station. Châtelet. On me pousse pour descendre. On m’empêche d’avancer car un salary-man est perdu. Le pauvre. Je traverse le quai… et on remet ça direction la Défence.