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Putain mais c’est quoi ce bordel ? J’en ai plein le cul de me prendre la tête sur ces crétineries terrestres. Franchement là Francis, il s’est bien chié dessus. Archange de la diplomatie ou pas, il a pas vu venir Malphas avec ses gros sabots. Pourtant on a l’habitude. S’il était un peu plus à ce qu’il fait, il ne se serait pas pris cette putain de grêve dans les dents. C’est bien gentil de faire joujou avec son pro-karcher avec Didier mais bon à un moment faut arrêter de déconner et essuyer les plâtres.

Je ne sais pas si Damien a mis la main à la pate mais ça a été bien géré. Bon ok, Baal et Mammon ont l’habitude de ce coup là, classique, après la rentrée et juste avant l’arrivée de la piquette nouvelle. Tout un travail d’équipe comme on les aime avec un Crocell au passage très remarqué et un Ouikka inattendu toute en finesse. M’étonnerai pas qu’il y ait du Kobal derrière tout ça.

Enfin bon ça y est tout est rentré dans l’ordre. Espérons qu’on ne s’en reprendra pas de telle pendant au moins une bonne décennie. Enfin dans l’ordre ou presque, faudrait juste que certains se sortent les doigts et ça permettrait à tout le monde de partir sur de bonnes bases dans la joie et la bonne humeur.

7h45 sur le quai de la ligne B. Denfert. Un peu frais. Pas mal de personnes. Sans doute ont-elles pris l’habitude des ‘répliques’ de la grève de la semaine dernière pour être aussi nombreuses si tôt. D’habitude l’heure de pointe ne commence pas avant 8H.

La rame arrive. Blindée. C’est dans ces instants qu’il faut abandonner toute sociabilité et laisser de côté les principes qui ont permis de bâtir la société humaine. Chacun pour soit. Sun Tzu a dit qu’il n’y a pas de guerre si elle n’est pas totale. Et bien soit.

Il faut rester inamovible prêt de la porte. Certains essaient de pousser pour se rapprocher mais non. C’est un piège. Car si on est pris dans le flux des passagers sortant rien ne pourra nous ramener. Il faut être sans pitié. Même pour ces personnes qui descendent pour faire un passage à ceux qui s’arrêtent à cette station. Qu’ils aillent loin, plus loin. S’ils ne remontent pas tant pis. Moi j’aurais eu ma place. D’autant plus que les autres poussent pour monter. Ils poussent et tirent. Toute prise est bonne. Même si la prise est une autre personne qui retombe sur le quai. Elle aura perdu et on feindra de l’ignorer au moment où la porte de la rame se fermera.

Vient alors le trajet. Corps à corps. Sueurs et haleines se marient dans cette ambiance chaude et humide propice aux cultures bactériologiques. Devinons. Nous avons un amateur d’eucalyptus, sans doute un fan des suppositoires vu sa tête. Nous avons également un amateur maroual à moins que ça ne soit la fermentation avancée de ses chicos qui m’empli les narines. Dommage qu’il soit à moins de vingt centimètres. Penser à prendre des cours d’apnée. On entend des râlements plus loin. Il semblerait qu’une vieille veuille utiliser le strapontin. Il n’y a pas à dire il y en a qui savent conserver leur humour. Et au fond nous avons Steph qui est « vraimment un salaud-de-sa-rase-de-fils-de » d’avoir plaqué Cynthia qu’elle est « trop belle, trop kiffante, trop staïlée non mais attends je suis dans le métro ça va couper quoi qu’est ce que tu veux ma photo ouais j’te phone a+ tchüss ciao bye ».

La rame ralenti. « Pardon pardon je descends – Non attendez j’ai pas de place – Mais je descends faites un effort ». Pardon grognasse tu bougeras tes miches une fois que ces putain de portes se seront ouvertes. En attendant tu surveilles ta tension et ta claustrophobie. La grosse tente une percée mais fini par réaliser que non, ça ne va pas être possible, le train s’est arrêté avant la station. L’ironie veut qu’elle entre dans la sphère au maroual. Chose étrange elle ne semble éprouver aucune gêne. Les effluves d’une surcharge de parfum des années vingt me chatouillent les narines. Voilà comment elle tient ! En tout cas mon éternuement, lui, ne tient pas et je viens faire mon don aux cultures microbiennes de la rame ; cultures temporairement hébergées sur sa simili fourrure de phoque.

Ca y est le crissement des freins se fait entendre. Chacun en profite pour se laisser tomber sur son voisin. Sauf un. En toute bonté il s’accroche à un élément du décor en hauteur. J’ai deux dixièmes de seconde de compassion pour la grognasse qui déguste les émanations de ses aisselles. Elle reste digne la bourgeoise. Elle comprend enfin ce que chacun endure à son approche.

Voilà les portes libératrices qui s’ouvrent. Le fossile enfonce le passage et manque de marcher les pieds de la femme enceinte qui n’a pas cherché à s’assoir, elle. C’est limite si elle ne lui reprocherait pas son ventre alors que sa bedaine n’a rien à lui envier.

Voilà ma station. Châtelet. On me pousse pour descendre. On m’empêche d’avancer car un salary-man est perdu. Le pauvre. Je traverse le quai… et on remet ça direction la Défence.