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Tout le monde connaît Tor, le logiciel qui permet de masquer son adresse IP par trois rebonds et hop j’ai le droit de faire le con sans être inquiété. On va commencer par des banalités histoire de mettre tout le monde d’accord :

  • Tor est lennnnnnt ;
  • Il change l’adresse IP source mais ça ne suffit pas pour être anonyme. D’ailleurs c’est pour ça que Tor est packagé avec Polipo qui fait les choses bien (DNS tunnelisé, Cache,…)  certe mais nettoie aussi un peu les en-têtes des requêtes ;
  • Tor permet l’anonymisation, mais pas la sécurité. Le point de sortie est un volontaire qui a coché l’option, donc potentiellement n’importe qui et même peut être un gars qui log tout (cf Le trésor de guerre de Wikileaks).

Par contre, il y a une chose dont on parle peu ce sont les hidden services. Le principe est de permettre la mise en ligne d’une ressource (site web ou autre) seulement accessible via Tor. Bien sûr le service ne connaît pas les adresses IP source qui le consulte mais (et surtout) il n’a pas à donner son adresse IP. Comment ? Et bien puisque Tor fait les résolutions DNS pour le surf, ils ont rajouté un tld .onion . Quand on met en place un hidden services on se retrouve avec un nom du genre hfsdkhfs47jldsdfs.onion et c’est tout. Pas de résolution DNS, pas d’IP. Qu’un user demande ce nom dans tor et le traffic arrivera sur le service.

La mise en place des hidden services est enfantine. Je passe sur l’installation de tor qui est simple. Pour activer les hidden service c’est dans /etc/tor/torrc. Il y a deux lignes décommenter et à modifier : HiddenServiceDir et HiddenServicePort (dernière instruction que l’on souhaite plusieurs « ports d’écoute »). On reload et hop. Pour savoir quel est le nom que le user doit demander, il faut aller le trouver dans /var/lib/tor/<nom du rep mis dans les options>/hostname . C’est tout.

Pour le user lambda, un FF avec l’extension qui va bien suffit. Pour d’autre, il faut savoir que Tor est un proxy SOCKSv5. Si l’appli ne le supporte as, il y a des wrappers SOCKS et celui installé par défaut c’est torify.

 

7h45 sur le quai de la ligne B. Denfert. Un peu frais. Pas mal de personnes. Sans doute ont-elles pris l’habitude des ‘répliques’ de la grève de la semaine dernière pour être aussi nombreuses si tôt. D’habitude l’heure de pointe ne commence pas avant 8H.

La rame arrive. Blindée. C’est dans ces instants qu’il faut abandonner toute sociabilité et laisser de côté les principes qui ont permis de bâtir la société humaine. Chacun pour soit. Sun Tzu a dit qu’il n’y a pas de guerre si elle n’est pas totale. Et bien soit.

Il faut rester inamovible prêt de la porte. Certains essaient de pousser pour se rapprocher mais non. C’est un piège. Car si on est pris dans le flux des passagers sortant rien ne pourra nous ramener. Il faut être sans pitié. Même pour ces personnes qui descendent pour faire un passage à ceux qui s’arrêtent à cette station. Qu’ils aillent loin, plus loin. S’ils ne remontent pas tant pis. Moi j’aurais eu ma place. D’autant plus que les autres poussent pour monter. Ils poussent et tirent. Toute prise est bonne. Même si la prise est une autre personne qui retombe sur le quai. Elle aura perdu et on feindra de l’ignorer au moment où la porte de la rame se fermera.

Vient alors le trajet. Corps à corps. Sueurs et haleines se marient dans cette ambiance chaude et humide propice aux cultures bactériologiques. Devinons. Nous avons un amateur d’eucalyptus, sans doute un fan des suppositoires vu sa tête. Nous avons également un amateur maroual à moins que ça ne soit la fermentation avancée de ses chicos qui m’empli les narines. Dommage qu’il soit à moins de vingt centimètres. Penser à prendre des cours d’apnée. On entend des râlements plus loin. Il semblerait qu’une vieille veuille utiliser le strapontin. Il n’y a pas à dire il y en a qui savent conserver leur humour. Et au fond nous avons Steph qui est « vraimment un salaud-de-sa-rase-de-fils-de » d’avoir plaqué Cynthia qu’elle est « trop belle, trop kiffante, trop staïlée non mais attends je suis dans le métro ça va couper quoi qu’est ce que tu veux ma photo ouais j’te phone a+ tchüss ciao bye ».

La rame ralenti. « Pardon pardon je descends – Non attendez j’ai pas de place – Mais je descends faites un effort ». Pardon grognasse tu bougeras tes miches une fois que ces putain de portes se seront ouvertes. En attendant tu surveilles ta tension et ta claustrophobie. La grosse tente une percée mais fini par réaliser que non, ça ne va pas être possible, le train s’est arrêté avant la station. L’ironie veut qu’elle entre dans la sphère au maroual. Chose étrange elle ne semble éprouver aucune gêne. Les effluves d’une surcharge de parfum des années vingt me chatouillent les narines. Voilà comment elle tient ! En tout cas mon éternuement, lui, ne tient pas et je viens faire mon don aux cultures microbiennes de la rame ; cultures temporairement hébergées sur sa simili fourrure de phoque.

Ca y est le crissement des freins se fait entendre. Chacun en profite pour se laisser tomber sur son voisin. Sauf un. En toute bonté il s’accroche à un élément du décor en hauteur. J’ai deux dixièmes de seconde de compassion pour la grognasse qui déguste les émanations de ses aisselles. Elle reste digne la bourgeoise. Elle comprend enfin ce que chacun endure à son approche.

Voilà les portes libératrices qui s’ouvrent. Le fossile enfonce le passage et manque de marcher les pieds de la femme enceinte qui n’a pas cherché à s’assoir, elle. C’est limite si elle ne lui reprocherait pas son ventre alors que sa bedaine n’a rien à lui envier.

Voilà ma station. Châtelet. On me pousse pour descendre. On m’empêche d’avancer car un salary-man est perdu. Le pauvre. Je traverse le quai… et on remet ça direction la Défence.